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Conférences, saison 2020

Comme chaque année, Co-Libris Médiathèque de Domérat proposera au premier trimestre 2020 trois grandes conférences entre histoire et littérature...

Samedi 25 janvier à 15 h 00 

Eugène Jardon, maire de Domérat (1929-1939), député de l’Allier  (1939-1940)« l’oublié de la mémoire domératoise  »

Le 25 janvier, ce sera d’abord Jean-Paul Perrin qui retracera le parcours d’Eugène Jardon, « l’oublié de la mémoire domératoise  ». Né en 1895, fils de vigneron et vigneron lui-même, Eugène Jardon après avoir connu les horreurs de la grande guerre, dans l’infanterie puis dans l’aviation, s’est engagé dans le combat syndical et politique. Avec Pierre Aumoine, il a été un des jeunes espoirs du Parti communiste, au milieu des années 1920, tout en développant le mouvement syndical agricole et mutualiste. En 1925, il fait son entrée au conseil municipal et en 1929 il accède aux fonctions de maire de Domérat, qu’il occupera jusqu’en octobre 1939.

Outre son action municipale, sur laquelle le conférencier reviendra, il est candidat à différentes élections, y compris aux législatives de 1936 qui voient le triomphe du Front Populaire. Marx Dormoy ayant été élu sénateur en 1938, Eugène Jardon remporte largement l’élection législative partielle en avril 1939. Il devient alors le premier député communiste de l’Allier. La signature du pacte de non agression entre l’Allemagne de Hitler et l’URSS de Staline, puis la guerre l’amènent à faire des choix difficiles, par rapport à son Parti, dont il décide de se désolidariser, après avoir été incarcéré pendant trois semaine à la prison de la Santé.

Libéré et bénéficiant d’un non-lieu, il fait désormais figure de « renégat  » aux yeux de ses camarades restés fidèles au parti communiste, autant au plan national, qu’au plan local. Ayant conservé son mandat de député, il est appelé le 10 juillet 1940 à se prononcer sur l’attribution ou non des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Malgré les menaces et les pressions de toutes sortes, il fait le même choix courageux que Marx Dormoy et Isidore Thivrier de voter contre. Ce faisant, il entre dans le petit groupe des 80 parlementaires qui « ont sauvé l’honneur du Parlement  ». Revenu sur ses terres domératoises, même s’il ne participe pas activement à la résistance, il n’en est pas moins « suspect » aux yeux de la police Allemande qui perquisitionne son domicile en 1943 et aux yeux du régime de Vichy qui déplace arbitrairement son épouse, institutrice.

Après la Libération, rejeté par ses anciens amis politiques, il voit sa carrière s’arrêter net. En 1955, il tente pourtant un retour en se portant candidat aux élections sénatoriales. Une candidature qu se solde par un échec total. Lorsqu’il décède en 1977, peu de voix s’élèvent dans sa commune natale pour rappeler son action de parlementaire en juillet 1940. Alors que Dormoy et Thivrier sont entrés très tôt dans la mémoire collective, au delà de leurs communes d’origine, Eugène Jardon ne s’y est jamais inscrit. Aucun lieu, aucune rue ne porte son nom et il aura fallu attendre 1998 pour qu’une cérémonie soit organisée afin de dévoiler une plaque commémorative au mur de sa maison. Un oubli qui interroge et que Jean-Paul Perrin essaiera d’analyser, en s’appuyant sur de nombreux documents. Le temps des passions étant retombé, il est temps de tourner la page de l’oubli et d’inscrire peut-être enfin Eugène Jardon dans la mémoire de sa commune natale et de son département.

 

Samedi 15 février à 15 h 00

George Sand et les Maîtres sonneurs

Le 15 février, musique et littérature seront à l’honneur avec George Sand et les maîtres sonneurs, la conférence présentée par Bernard Duplaix. En écrivant les Maîtres-Sonneurs , en 1853, George Sand ne se doutait certainement pas des prolongements qu’engendrerait son récit. En effet, plus d’un siècle et demi après sa publication on évoque toujours les Maîtres-Sonneurs à travers les musiciens qui pratiquent ce que l’on nomme aujourd’hui « la musique trad », ou encore le chemin inspiré directement du trajet des héros qui a pour vocation de donner un élan touristique aux régions traversées, que ce soit dans l’Indre, le Cher et ici, en Bourbonnais, à travers le Pays d’Huriel. C’est ainsi qu’une longue tradition musicale, remontant à l’époque des troubadours, se perpétue au fil du temps. S’il est vrai que ce sont surtout les 18 et 19ème siècles qui connurent l’apogée de cet élan populaire, on peut constater la résurgence d’un genre qui avait décliné au début du 20ème siècle mais que font revivre excellemment aujourd’hui de nombreux musiciens et luthiers.

Récemment encore l’AMTA (Agence des musiques traditionnelles d’Auvergne) comptabilisait près de 300 groupes se revendiquant de la musique des provinces du Centre de la France. C’est le même engouement qui assure le succès du Chemin des Maîtres-Sonneurs parcouru chaque année par un nombre considérable de randonneurs, tous attirés par les paysages intacts qu’offrent encore le Boischaut et le Pays d’Huriel, paysages que George SAND qualifiait en son temps de « sanctuaire de poésie ».

Dans l’évocation des thèmes que porte ce roman des Maîtres-Sonneurs, Bernard Duplaix ne manquera pas de mentionner les figures pittoresques des ménétriers de jadis, parmi lesquels le Domératois Jean Chassagne, dit « le maréchal de la Pérelle », et surtout celles des remarquables personnages du roman, très certainement inspirés de la réalité, que furent Jean et Sébastien HURIEL, « natifs du bourg dont ils ont pris le nom  ».

 

Samedi 28 mars à 15 h 00 

Petit dictionnaire des rues de Montluçon où à la redécouverte d’illustres inconnus.

Le 28 mars, Jean-Paul Perrin proposera une promenade dans les rues montluçonnaises, avec comme fil conducteur les noms des personnalités qui leur ont été données. Ils ou elles ont été des artistes, des écrivains, des militaires, des personnages politiques, des Résistants, des médecins, des élus locaux ou nationaux…Tous ont entretenu un rapport suffisamment étroit avec Montluçon pour que la cité choisisse d’inscrire leurs noms sur les plaques de ses rues. Pourtant, beaucoup sont tombés dans un oubli relatif: si tout le monde connaît le boulevard de Courtais, combien seraient capables de retracer sa carrière de général. Quant au Capitaine Segond ou au colonel Trabucco…D’autres s’appellent Ferdinand Dubreuil, Florane, Louis Ganne, Talbourdeau, Lili Jean-Javal, Marcelle Auclaire, Pierre Troubat, Jean Billaud, Joseph Chantemille, René Ribière…et bien d’autres… C’est le parcours de chacun d’entre eux que le conférencier s(attachera à décrypter, en s’appuyant sur de nombreux documents.

 

 

CONFÉRENCES : MODE D’EMPLOI…

Les conférences auront lieu dans la salle de Gym Danse, à côté de la médiathèque.

Sur réservation au 04 70 09 10 00